Les tissus

Le Chirimen (La Rayonne)

Le Chirimen est une crêpe de soie utilisée dans mon pays au Japon pour la confection des kimonos. Aujourd’hui on utilise de la rayonne ou de la soie.

noeud papillon chirimen bleuLa rayonne est de la soie artificielle créée à la fin du 19ème siècle et répandue pendant l’entre 2 guerres pour se substituer à la soie qui était devenue trop chère.

Le Chirimen existe dans beaucoup de coloris. J’aime beaucoup les bleus. Le bleu Indigo est une des fiertés de mon pays.

Ce procédé donne du relief au tissu. C’est très intéressant au toucher et très élégant.

Cependant le Chrimen est plus délicat à travailler. Cela me demande beaucoup de concentration et de dexterité. J’ai besoin de calme alors j’écoute la musique de Kent.

Mais je suis très fière de présenter le tissu japonais sous forme de nœuds papillon ici en France. Je trouve ça très élégant et masculin. Parfait pour représenter l’univers Naos. C’est le point de départ de cette aventure.

Dites moi quelle aventure vous vivez avec votre nœud papillon en Chirimen s’il vous plaît !

Le Kurume gasuri

Le Kurume gasuri est le tissu originaire comme moi de la préfecture de Fukuoka au sud du Japon.

Ce procédé de tissu est né en 1800 grâce à une jeune fille de 12 ans dans le village de Kurume au sud de Fukuoka. Cette jeune fille s’appelait Den INOUE. Après avoir vu sur ces vêtements des points blancs liés à l’usure et imaginé des motifs semblables à des flocons de neige, Den a patiemment essayé de reproduire ces motifs lors du tissage grâce à un procédé de torsion des fils avant teinture.

Den était une jeune fille de paysan. Ce procédé s’est vite démocratisé pour les classes populaires et pour les vêtements de travail.

Je suis admirative du travail des paysans comme celui des artisans. Ce lien a toujours existé et cette enfant nous le prouve.

Le travail du Kurume gasuri nécessite 30 étapes de confection réparties en 4 grandes phases :

  • La conception du motif
  • Le nouage des fils (pour reproduire les motifs de l’étape précédente en protégeant par le noeud les zones à ne pas teindre)
  • Le tissage
  • La teinture

A partir de là on dénoue les fils et on fait sécher au soleil. Et chez moi il y’a du beau soleil !

Aujourd’hui le Kurume gasuri n’est pas seulement un métier d’artisanat, c’est considéré comme de l’art.

En février je suis allée à la rencontre de monsieur Shimokawa artisan à Kurume pour le projet Naos. Je suis heureuse de vous montrer son travail. Le travail des artisans de ma ville d’origine.

Je suis heureuse de travailler cette matière noble, très chaleureuse et élégante. J’ai hâte de voir des hommes porter des nœud papillon Naos en Kurume gasuri.

Les prototypes sont encourageants. Dès le mois de juin je vous proposerai de magnifiques nœuds Naos en Kurume gasuri.

Les Madras

Noeud papillon en Madras jaune

Le Madras est un tissu qui tire son nom de sa ville d’origine en Inde du Sud rebaptisée Chennai. Il s’agissait au 17ème siècle de tissus en fibre de bananier, puis soie et/ou coton.

Les échanges entre les colonies britanniques et françaises en Inde et dans les Caraïbes durant les siècles précédents ont amené les femmes Créoles à porter des tissus Madras.

C’est grâce à mes amis d’origine antillaise que j’ai connu ce tissu et me suis intéressé à son histoire. J’aime ce tissu qui pour moi fait parti des nombreuses diversités de la culture française.

Le Madras Créole est très coloré. J’aime ces couleurs vives et intenses que je retrouve aussi dans les wax africains et qui me rappellent l’élégance des sapeurs africains.

 

A travers ces madras de bleus profonds et de jaunes chaleureux qui sont des plaisirs à travailler je veux aussi sourire à la vie ! Une vie qu’on retrouve au toucher. Ce tissu 100% coton s’exprime aussi sous les doigts au contacts des fils maillés lors du tissage.

Je souhaite que votre nœud-papillon Naos en Madras soit un sourire permanent.

Les Wax Africains

noeud papillon wax vert naos atelierLes Wax sont des tissus qu’on associe à la culture africaine subsaharienne. Mes amis congolais et camerounais hommes ou femmes portent beaucoup de wax. Je trouve ces tissus extraordinaires. Ils participent à la célébration de la vie.

C’est une de mes révélations lors de mon mariage en France (Merci Nadine à toi et ta famille). J’ai compris que la Wax (comme le Madras) est associée à une histoire coloniale assez dense. La Wax voit le jour sur les îles composant aujourd’hui l’Indonésie. Les guerres coloniales menées par les hollandais fin 19ème siècle ont donné lieu à des échanges culturels et commerciaux entre les colonies africaines et asiatiques appartenant alors à la Hollande.

A la base, la wax est un tissu alliant les techniques de tissage des batiks indonésiens et la cire de manière à protéger les tissus. Maintenant les tissus sont « cirés » à la colle amidonnée. Ceci permet de garder l’éclat des couleurs et d’obtenir une durée de vie plus longue du tissu.

Pour moi travailler la Wax c’est un apaisement. Je pense à ces sapeurs congolais que j’ai découverts en France par le biais de mes amis. Le sapeur prône la paix à travers cette recherche d’élégance et célèbre le vivant. La philosophie des sapeurs africains et notamment congolais me fascine beaucoup.

« Rejeter la guerre, rejeter l’horreur et se concentrer sur la beauté, sur l’élégance à travers les associations de style et de couleurs. »

Je veux remercier mes amis de m’avoir fait découvrir cette philosophie. Je veux aussi participer à embellir la vie de tous les jours. Quand je couds les modèles de noeuds papillon en Wax j’adore écouter la chanteuse Jain et son titre Makeba ! Je souris et les couleurs des tissus me sourient aussi.

Tous les modèles sont uniques car le tissu a des motifs différents. C’est une expérience intéressante pour moi.

Je souhaite que porter un nœud papillon Naos soit une expérience unique. Oui, un sourire, une fierté, un petit plus qui donne des ailes (…de papillon ?!)